Utilisations du Bambou

Entrée du temple Shinsen – dô à Kyôto, Japon

Le bambou est omniprésent en Chine et dans la plupart des pays asiatiques.

Non content d’être comestible (le panda géant n’est pas le seul à manger du bambou, la cuisine asiatique est friande de pousses de bambou) et ornemental, le bambou a des utilisations aussi diverses que la fabrication d’objets, fabrication de pâte à papier, la construction, le textile et possède un grand potentiel pour être employé comme moyen d’assainissement ou source de bioénergie. Voici quelques exemples.

Alimentation

Les pousses de la plupart des espèces de bambou sont comestibles après cuisson (attention, à cuire à l’eau bouillante) et ont un goût proche de l’artichaut et de la noisette. En Europe le bambou n’est souvent connu que par sa consommation occasionnelle dans les restaurants asiatiques (soupe, poulet aux pousses de bambous, etc…). Les pousses sont commercialisées en Asie le plus souvent en conserve ou en saumure. Fraiche, la jeune pousse ne se conserve que 24h et doit donc être réservée à une vente de proximité.

A noter que l’utilisation du bambou (feuilles) pour le bétail classique est envisageable en complément alimentaire de type « alicament » pour sa richesse en silice et en potassium.

Objets et artisanat

Qui n’a pas déjà utilisé des baguettes jetables en bambou ?

Même si en Europe ils sont encore souvent synonymes de déco « de mode » et évidemment chère, en Asie les objets en bambous sont depuis toujours partout dans le quotidien car bons marchés mais aussi du fait des propriétés uniques du bambou comme matériau.

Vous trouverez bien sûr des meubles, vases, plats et ustensiles de cuisine, set de tables, rideaux, cannes à pêche que vous connaissez probablement …

Mais aussi des objets plus raffinés comme les ustensiles pour cérémonie du thé

des instruments de musique comme la shakuhachi

des arcs, flèches et accessoires (pour le Kyudô ici par exemple)

Bien sûr il s’utilise aussi juste pour le plaisir de la décoration.

Il est à la base des décorations traditionnelles du nouvel an japonais

et tout amateur de jardin japonais rêve sûrement d’un shishi odoshi ou d’une petite louche de bambou (servant habituellement à se purifier avant d’entrer dans un sanctuaire)

Mais tout prétexte est bon pour improviser un décor avec quelques bouts de bambou


Construction

Le bambou a une force de tension supérieure à l’acier moyen (28,000 livres au pouce carré contre 23,000 livres au pouce carré). Il est 27% plus dur que le chêne mais sa contraction et sa dilatation par la chaleur sont inférieurs de 50% à ce dernier.

Outre ses avantages mécaniques le bambou a aussi ceux d’être naturellement résistant à l’humidité ainsi qu’aux champignons et parasites.

La résistance et la légèreté du bambou, tout comme sa rentabilité, en font donc le matériau indispensable à tout échafaudage en Chine et alentours. Même les plus hauts buildings ont été construits grâce à eux.

Tout comme pour la porte en haut de cette page, le bambou peut ensuite être partie intégrante de la construction.

Traditionnellement le bambou seul s’utilise pour toutes les constructions légères : abris, pilotis, cloisons, clôtures, palissades, bordures, balustrades, ponts etc

Plus simplement il est aussi très utile pour fabriquer tout type de canalisations.

Sous forme de lamellé-collé il peut constituer la charpente ou le parquet.

Enfin, associé à des matériaux de type torchis, terre, il sert à édifier les murs et cloisons.

Bien sûr l’Asie, mais aussi l’Amérique du Sud, sont pionnières dans les projets de constructions modernes utilisant le bambou.

Vous pouvez voir un exemple de projet de ville de 200000 habitants en bambou en Chine.

Une ville en bambou

Mais quelques pionniers explorent maintenant le domaine en Europe, dont la France (Construire en bambou) avec notamment l’architecte reconnu Simón Vélez (voir un résumé de sa carrière et une interview ici : L’architecture végétarienne de Simón Vélez).

Fibre (textile, biocomposites), paillage et biomasse (chauffage)

La fibre de bambou naturel et la viscose de bambou peuvent être utilisées dans la confection de textiles.

La viscose de bambou est obtenue à partir de la cellulose contenu dans celui-ci, de la même façon que pour la pâte à papier. Cette viscose est réputée plus douce que le coton. A noter cependant qu’en raison des traitements chimiques nécessaires pour l’obtenir, son empreinte environnementale est moins bonne que celle de la fibre naturelle.

Les textiles fabriqués avec cette fibre héritent des propriétés du bambous et présentent les avantages suivants :

  • hypoallergéniques (le bambou ne contient pas de lanoline notamment),
  • antimicrobiens (le bambou a des propriétés antimicrobiennes et est aussi utilisée en médecine traditionnelle),
  • respirants et
  • anti-transpirants mais
  • absorbants,
  • anti-UVs.

Les fibres végétales commencent à être intégrées dans des matériaux à usage industriel notamment pour l’isolation dans le bâtiment ou dans des matériaux composites notamment dans les équipements de sport (nautisme, glisse ou encore raquettes, cannes à pêche, casques…) voire automobile, équipement… Le bambou pourrait lui aussi être étudié dans ce domaine même s’il est moins « évident » à utiliser que le lin ou le chanvre par exemple.

On peut utiliser le bambou pour produire de la chaleur dans les chaudières à bois des particuliers, sous
forme de broyats, de plaquettes, voire transformés en pellets (granulés de bois formés de résidus agglomérés de 6 à 10mm de diamètre). Le pouvoir calorifique du bois sec de bambou est 9 à 13% inférieur à celui des bois courants mais le bambou, après séchage, est plus sec que le bois d’où un pouvoir calorifique réel identique voire plus élevé que ce dernier et qui se rapproche des propriétés d’autres graminées.

Le broyat obtenu à partir de bambou peut être envisagé comme paillage des massifs et du potager. Il est plus durable que d’autres produits (lin, chanvre, cosses diverses…) car il se décompose moins vite et est aussi plus dense donc plus résistant au vent. Il ne semble pas favoriser les limaces, contrairement à la paille ou aux feuilles.

Assainissement

Bien qu’il ne soit à ce jour pas validé par la réglementation, le bambou d’assainissement peut faire partie des installations dites d’assainissement écologique (comme le lagunage, les filtres plantés, le filtre à sable …), en complément donc d’un système d’assainissement réglementaire type fosse toutes eaux.

En effet,

  • Le bambou possède un système racinaire puissant qui permet une bonne oxygénation du sol et donc un bon fonctionnement des bactéries épuratrices.
  • pour assurer leur croissance rapide, ces plantes nécessitent de grandes quantités d’eau et d’éléments nutritifs
  • cela permet de valoriser les eaux usées qui vont ainsi participer à la croissance des bambous, qui puisent en elles leurs nutriments
  • ce système ne rejette aucune boue et ne produit pas d’odeurs

Basé sur la culture de bambous géants, le principe est le même que l’épuration par filtre planté. Cependant, du fait de la surface importante (10m² par habitant) et de la quantité d’eau à disperser nécessaires, cette filière d’assainissement est à plutôt préconiser pour de l’assainissement semi-collectif.

Ce système ne demande qu’à être testé et développé plus largement en France.